Comment surmonter le décès de son enfant

Vous aider dans votre deuil :

1 / Laissez sortir vos émotions et vos sentiments. Vous êtes en droit de laisser sortir ce qui vous pèse sur le cœur, que ce soit une colère intense, un sentiment de culpabilité, de déni, de douleur ou de peur.

Tous ces sentiments sont tout à fait normaux pour un parent qui vient de perdre son enfant.
Aucun de ces sentiments n'est déplacé ou « mauvais ». Si vous ressentez le besoin de pleurer, allez-y. Laissez-vous aller à vos sentiments. Il est beaucoup trop dur de garder ce type d'émotion à l'intérieur. Si vous retenez ce genre d'émotion, vous serez encore plus torturé(e) par l'événement le plus triste que vous ayez vécu. Il est tout à fait normal et sain de vous autoriser à ressentir tout ce qui est possible après une telle perte, car cela vous mènera à la voie de l'acceptation. Vous ne vous serez jamais capable de vous remettre complètement, mais vous pourrez trouver la force de vivre avec cette perte. Si vous n'acceptez pas ce que vous ressentez, vous ne parviendrez pas à avancer.

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Rejetez toute idée de temps. Il n'y a pas de durée prédéfinie pour pleurer son enfant. Chaque individu fonctionne différemment. Les parents qui ont perdu un enfant peuvent ressentir de nombreuses émotions et difficultés communes, mais chacun vivra cette situation différemment en fonction de sa personnalité et des circonstances de la vie.
Pendant des années, il a été dit que le processus de deuil se faisait en 5 étapes qui commencent avec le refus d'admettre le départ de son enfant et se terminent avec l'acceptation de la perte. Il est clair aujourd'hui qu'un tel processus n'existe pas vraiment. Les parents ressentent divers sentiments et symptômes qui vont et viennent et finissent par se dissiper. Une étude récente démontre que de nombreuses personnes acceptent la perte de l'être aimé dès le départ et ressentent un manque par rapport à celui-ci, mais aucun sentiment de colère ou de dépression.
Le processus de deuil est tellement propre à chacun que les couples peuvent ne plus se comprendre. Il arrive qu'un partenaire ne comprenne pas la façon dont l'autre gère sa douleur. Vous devez comprendre qu'il est possible que votre conjoint(e) possède des mécanismes différents pour faire face à la perte et vous devez le (ou la) laisser vivre son deuil de la façon qui lui convient.

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N'ayez pas peur de l'état d'engourdissement ou de la torpeur que vous pouvez traverser. Au cours du deuil, les gens traversent souvent une phase de torpeur. Ils ont alors l'impression de rêver éveillé ou que le monde évolue sans eux. Les gens ou les choses qui les rendaient heureux n'ont plus de signification pour eux. Ce sentiment peut passer rapidement ou durer dans le temps. C'est une réponse naturelle du corps pour se protéger d'une émotion intense. Avec le temps, il devient à nouveau possible de ressentir et d'établir des connexions.
Pour beaucoup, ce sentiment peut apparaître au premier anniversaire de la mort de leur enfant, la réalité refait alors surface et peut faire mal. Beaucoup de parents disent que le plus difficile est la deuxième année.

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Arrêtez-vous de travailler... ou pas. Pour certains parents, l'idée de retourner au travail leur est insupportable. D'autres au contraire ont besoin de se jeter corps et âme dans les activités et les défis liés à leur travail. N'oubliez pas que la loi vous accorde officiellement des jours pour vous reposer et pour rester avec votre famille, mais au-delà de ces jours légaux, mettez-vous d'accord avec votre responsable pour pouvoir prendre des congés supplémentaires.
Tant que vous ne serez pas prêt(e), ne vous forcez pas à retourner travailler parce que vous aurez l'impression d'abandonner votre travail. Selon le Grief Recovery Institute – une association américaine spécialisée dans la gestion du deuil – les entreprises américaine perdent environ 225 milliards de dollars par an du fait de la baisse de productivité causée par le deuil. Selon Friedman – le fondateur de cet institut – Lorsque nous perdons un être cher, nous perdons notre capacité à nous concentrer. Notre esprit ne fonctionne pas bien quand notre cœur est brisé .

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Tournez-vous vers votre foi. Si vous vous sentez à l'aise de prier ou de pratiquer des rituels en fonctions de vos croyances, faites-le, cela vous aidera. Sachez aussi que la perte de votre enfant risque d'affecter votre croyance et c'est tout à fait normal. Avec le temps, vous finirez par retrouver votre foi. Quoi qu'il en soit, si vous avez déjà été croyant(e), sachez que Dieu est suffisamment grand pour accueillir votre colère, votre rage et votre chagrin.

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Patientez avant de prendre de grandes décisions. Attendez au moins un an avant de prendre des décisions importantes. Ne vendez pas votre maison, ni ne décidez de déménager ou de divorcer ou de changer votre vie de façon radicale. Attendez d'avoir l'esprit plus clair et vous pourrez y voir plus clairement parmi les options qui s'offrent à vous.
Certaines personnes adoptent la philosophie selon laquelle « la vie est trop courte », ce qui les pousse à prendre des risques inutiles pour vivre leur vie au maximum. Faites attention à votre comportement et ne vous lancez pas dans des activités dangereuses.

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Faites confiance au temps. « Le temps cicatrise les blessures », c'est peut-être une phrase un peu clichée, mais il n'y a pas de secret, il vous faudra du temps pour vous remettre doucement de cette épreuve douloureuse. Au début, tous les souvenirs même les meilleurs seront douloureux. Mais avec le temps, vous les chérirez tous, ils vous feront sourire et vous mettront de la joie dans le cœur. Au cours du deuil, les émotions vont et viennent comme des montagnes russes ou des vagues sur la plage.
Il est important de faire des pauses dans votre période de deuil : souriez, amusez-vous, profitez de la vie. Cela ne signifie en aucun cas que vous oubliez votre enfant, c'est impossible.

 

Honorer la mémoire de votre enfant

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Organisez une réunion en sa mémoire. Une quinzaine de jours après les funérailles ou au moment où vous vous sentez le plus à même à le faire, invitez des amis et des personnes proches à un dîner en l'honneur de votre enfant. Précisez que cette réunion est pour partager les bons souvenirs que chacun a. Demandez à chacun de venir avec des photos de votre fils ou votre fille. Vous pouvez organiser cela chez vous ou choisir un endroit que votre enfant adorait, comme un parc, un terrain de jeu ou une maison de quartier.

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Créez une page internet en sa mémoire. Certaines entreprises fournissent des espaces sur internet sur lesquels vous pouvez partager des photos et des vidéos de votre enfant, voire même raconter son histoire. Vous pouvez ouvrir une page Facebook en mémoire de votre enfant et en restreindre l'accès pour que seuls les membres de votre famille et ses amis puissent le voir.

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Créez un album. Rassemblez des photos de votre enfant, ses dessins, des extraits de ses carnets de notes ou de son journal intime et mettez tout cela dans un album. Joignez une légende ou une petite histoire à chaque image. Vous pourrez ouvrir cet album lorsque vous voudrez vous sentir proche de votre enfant. C'est aussi une façon d'aider vos enfants plus jeunes à en savoir plus sur leur grand frère ou grande sœur.

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Vous pouvez faire une donation en son honneur. Vous pourriez investir de l'argent dans un projet en l'honneur de votre enfant. Par exemple, vous pourriez faire un don à la bibliothèque de votre quartier et leur demander d'acheter des livres en l'honneur de votre enfant. Selon leur politique, il est possible qu'ils mettent une étiquette particulière sur la pochette du bouquin et sur laquelle figurera le nom de votre enfant. Réfléchissez aux activités et organisations qui représentent les choses que votre enfant aimait ou qui comptaient pour lui ou elle.

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Mettez en place une bourse commémorative. Vous pouvez contacter le service du développement de votre université ou travailler avec une fondation pour mettre en place une bourse d'études. Selon le pays auquel est destinée cette bourse, vous aurez besoin d'environs 20 000 à 25 000 euros en imaginant une bourse de 1000 dollars par an, mais chaque institution impose ses propres règles. Une bourse d'études est aussi un moyen pour vos amis et votre famille d'honorer la mémoire de votre enfant en faisant une donation.

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Devenez activiste. Selon les circonstances de la mort de votre enfant, vous pourriez vous investir dans une association qui défend une cause en particulier ou qui demande que des changements soient apportés à notre système législatif. Par exemple, si votre enfant a été tué par un conducteur ivre, vous pourriez rejoindre l'association « Ferdinand » qui lutte contre l'alcool au volant.
Inspirez-vous de l'histoire de John Walsh. Après le meurtre d'Adam, son fils de 6 ans, il a combattu pour le renforcement de la législation contre les individus coupables de violences contre les enfants et a animé une émission d'investigation sur les criminels violents.

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Allumez une bougie. Le 15 octobre est la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, un jour pour honorer la mémoire des bébés qui sont morts avant le terme ou quelque temps après leur naissance. Ce soir-là, à 7 heures du soir, les participants autour du monde allument une bougie et la laissent brûler pendant au moins une heure. À cause du décalage horaire, le résultat a été décrit comme « une vague de lumière qui se répand sur le globe ».

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Si vous vous en sentez l'envie et la force, célébrez les anniversaires. Au départ, les anniversaires peuvent être des dates douloureuses et au début vous choisirez de faire de votre mieux pour supporter cette journée. Mais d'un autre côté, certaines personnes se sentent bien à l'idée de cette célébration. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de gérer cela. Si cela vous soulage, alors n'hésitez pas à organiser un événement pour célébrer la personnalité joyeuse, bonne et drôle de votre enfant décédé.

Se faire aider

1
Voyez un psychologue. Cela peut être une grande aide, en particulier s'il s'agit d'un spécialiste du deuil. Cherchez sur internet ce type de psychologue à proximité de chez vous. N'oubliez pas de lui poser des questions au téléphone avant de vous rendre dans son cabinet. Posez-lui des questions sur son expérience avec les parents en deuil, sur sa façon de travailler et demandez-lui s'il inclut une composante spirituelle (en fonction de si cela vous intéresse ou non), ainsi que ses tarifs et ses disponibilités. Selon les circonstances de la mort de votre enfant, il est possible que vous souffriez d'un syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Si c'est le cas, cela peut aider si le psychologue en question est un spécialiste de ce syndrome.

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Entrez dans un groupe de deuil. Cela peut-être réconfortant de savoir que vous n'êtes pas seul(e) à traverser cette épreuve et que d'autres personnes doivent surmonter les mêmes obstacles. Il existe un peu partout des groupes de soutien pour parents endeuillés ; cherchez en ligne un groupe près de chez vous. Ces groupes offrent un certain nombre d'avantages, y compris celui de pouvoir raconter votre histoire à un groupe de personnes qui ne vous jugera pas et qui vous soutiendra. Cela vous permettra en plus de vous sentir moins seul(e), parmi des gens qui « valideront » vos émotions et vous feront vous sentir normal(e).
Le « format » de ces rencontres varie selon l'association. Les rencontres en groupes peuvent être organisées selon un calendrier et des horaires plus ou moins précis et espacés selon l'association concernée.

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Vous pouvez rejoindre un forum sur internet. De nombreux forums en ligne sont dédiés au soutien des personnes qui ont perdu un être cher. Toutefois, sachez que ces sites concernent tous types de perte (celle d'un parent, d'un partenaire, d'un frère ou d'une sœur, voire même d'un animal). Cherchez un site ciblant les parents ayant perdu un enfant pour trouver des interlocuteurs qui soient plus à même de comprendre ce que vous traversez.
 

Conseils

Pour supporter votre deuil, faites ce qui vous met le plus à l'aise. Vous n'avez pas à vous justifier sur la façon dont vous exprimez vos émotions.

Ne vous imposez pas une limite de temps pour vous sentir mieux. Cela peut prendre des années avant que vous ne puissiez à nouveau vous sentir normal(e) et même ce que vous considérez comme normal sera différent. Cet événement va vous changer pour toujours, mais cela ne signifie pas que vous devez cesser de vivre. Ce ne sera jamais vraiment comme avant ; les choses seront différentes, à cause de l'amour que vous ressentiez pour votre enfant et de celui qu'il ou elle ressentait pour vous.

Si vous êtes croyant(e), priez aussi souvent que possible.

Sachez que jamais personne ne pourra vraiment comprendre ce que vous vivez, à moins qu'ils n'aient vécu eux aussi la perte d'un enfant. Essayez d'expliquer à vos proches comment ils peuvent vous aider. Demandez-leur aussi qu'ils apprennent à respecter vos sentiments.

Essayez de ne pas vous inquiéter davantage. En tant que parent endeuillé, vous avez survécu au pire ! Plus rien ne pourra vous sembler plus douloureux que ça. Souvenez-vous que si vous avez été suffisamment fort(e) pour survivre à cette situation, c'est que vous pourrez survivre à tout.

Vous n'êtes pas seul(e). Il vous suffit de chercher de l'aide, vous finirez par trouver.

Pleurez quand vous en ressentez le besoin, souriez quand vous le pouvez.

Si vous sentez que vous avez soudainement certains tics, arrêtez-vous, essayez de vous détendre, faites une pause, regardez un film, lisez, dormez et essayez de vous calmer.

N'espérez pas passer une journée sans penser à votre enfant perdu, d'ailleurs, personne ne le veut vraiment. Vous aimiez profondément votre fils ou votre fille et il ou elle vous manquera pour le reste de votre vie et c'est tout à fait normal.

La nuit, lorsque vous êtes seul(e) et que vous n'arrivez pas à dormir, écrivez une lettre à votre enfant disparu lui disant combien vous l'aimez et combien il ou elle vous manque.

Comme pour tout, le fait d'"aller de l'avant » peut paraître ambigu.

Essayez d'oublier un peu votre douleur. Sortez. Amusez-vous. Videz-vous l'esprit.