Le deuil des grands-parents

Si c’était le premier petit enfant dans la famille, les grands-parents étaient excités à l’idée de ce nouveau tournant dans leur vie. Il est douloureux pour eux de s’adapter à cette nouvelle réalité d’un avenir, tout au moins prochain, sans petit enfant à regarder grandir.

Les grands-parents vivent beaucoup de sentiments semblables à ceux des parents mais aussi des sentiments différents. Plusieurs grands-parents pensent que ce serait plus logique que ce soit eux qui meurent plutôt que leur descendance.

Les grands-parents, doivent prendre soin de leur deuil à eux et ne pas hésiter à aller chercher du soutien autour d’eux. S’ils sont soutenus par des membres de leur famille ou par des amis, ils seront plus disponibles émotionnellement pour soutenir leurs enfants.
Il peut être réconfortant pour eux de garder des souvenirs de l’enfant ou de faire quelque chose en souvenir de lui comme de lui écrire une lettre, de faire un don à sa mémoire, de mettre des fleurs sur sa tombe, de porter un bijou significatif, etc..

La mort de l’enfant est parfois l’occasion de parler des bébés perdus dont on n’a jamais parlé dans la famille, parce que c’était tabou dans ce temps-là. La mort de cet enfant peut faire remonter la peine des grands-parents qui ont eux-mêmes vécu des pertes périnatales.
 
♥ Je sais, parce que j’ai perdu aussi un bébé à la naissance, l’immensité de la souffrance que ma fille traverse et je sais que cette souffrance dure longtemps. Je donnerais tout ce que je possède pour qu’elle n’ait pas à vivre cela.
♥ Mon mari pleure beaucoup. Il pleure son petit fils mais en même temps sa fille qu’il n’avait jamais pleurée.
 
Il est toujours temps de travailler les deuils qui ne sont pas réglés et au besoin d’aller chercher une aide professionnelle. La peine des grands-pères est souvent non reconnue, l’accent étant mis sur le chagrin des parents et parfois un peu sur celui de la grand-mère. Aussi, comme beaucoup d’hommes, le grand-père peut avoir appris à ne pas montrer ses émotions, à ne pas pleurer, à paraître fort ; il n’est pas habitué de chercher du soutien autour de lui. La mort du bébé peut être l’occasion de changer sa façon d’être pour le soulagement de sa propre peine. Aussi, si le grand-père exprime sa peine, cela peut donner au père l’exemple et la permission d’exprimer ses sentiments, ce qui sera très bénéfique pour lui et l’aidera à bien traverser cette épreuve.

Les grands-parents sont les bienvenus dans la majorité des groupes de soutien où ils peuvent trouver compréhension et réconfort.
Leur impuissance devant la souffrance de leurs enfants :
Les parents voudraient toujours protéger leurs enfants même quand ceux-ci sont grands. Il est très bouleversant de voir ses enfants souffrir et pleurer. Et il est très difficile de voir que la peine dure de longs mois. Ils peuvent avoir peur que leurs enfants ne s’en sortent pas. Il est pourtant normal que ce deuil soit long et difficile.

♥ Parfois, je ressens qu’elle ne va pas bien et je lui téléphone. Il y a des jours où elle semble tellement triste que je ne sais plus quoi dire ni quoi faire pour qu’elle se sente un peu mieux.

Plusieurs grands-parents ont l’impression qu’ils ne peuvent rien faire pour aider leurs enfants, alors que beaucoup peut être fait.
Voici quelques suggestions :

  • Soyez disponibles pour être avec vos enfants quelques heures, quelques jours ou quelques semaines selon leurs désirs. Demandez aux parents comment vous pouvez les aider et faites des suggestions. Vous pouvez prendre en main les choses pratiques comme le ménage, la cuisine, l’entretien du terrain, le soin des autres enfants, etc.
  • Montrez à vos enfants que vous les aimez en leur disant, en les prenant dans vos bras. Pour certains parents, il n’y a rien de plus réconfortant que de pleurer dans les bras de leurs parents.
  • Ne prenez pas les décisions pour eux par rapport au bébé. Même si les parents sont effondrés, ils sont des adultes et les parents de ce bébé et il est important qu’ils prennent les décisions avec lesquelles ils se sentent confortables car ce sont eux qui auront à vivre avec ces décisions. Vous pouvez faire des suggestions mais sans mettre de pression. Valorisez les décisions que les parents ont prises même si vous auriez fait les choses différemment.
  • Vous pouvez offrir de participer à l’organisation des funérailles, composer ou lire un texte, etc.
  • Parlez du bébé, nommez-le par son prénom. Par contre, si les parents ne veulent pas en parler, respectez leur désir, même si vous pensez qu’ils ont tort.
  • Écoutez les parents quand ils ont envie de parler de l’événement, de leur peine, du bébé. Ne leur dites pas qu’ils en ont assez parlé ou que d’en parler leur fait du mal. Dans les premiers mois du deuil, les parents peuvent ressentir beaucoup le besoin d’en parler et cela les aide à se faire à l’idée qu’ils ne verront jamais grandir cet enfant. Avec le temps, s’ils ont été écoutés, ils auront moins besoin d’en parler. Écouter veut dire ne pas avoir de réponse à tout et ne pas donner de conseils.
  • Permettez-leur aussi de pleurer. Un jour, ces pleurs vont s’espacer et les parents vont se sentir mieux.
  • Partagez votre peine avec les parents et pleurez avec eux. Certains grands-parents, pensant bien faire, gardent leur peine pour eux pour ne pas ajouter au chagrin de leur enfant. Cela peut créer du ressentiment chez les parents car ils peuvent juger les grands-parents insensibles à leur peine ou penser qu’ils ne se sont pas attachés au bébé et leur en vouloir pour très longtemps. Il ne s’agit pas de noyer vos enfants dans votre propre chagrin mais de partager ce que vous ressentez, votre amour pour ce bébé et la peine de ne pas le voir grandir.
  • Souligner la mémoire du bébé lors des événements spéciaux, ex: à Noël, à la Fête des Mères, à la Fête des Pères, à l’anniversaire de naissance du bébé. Envoyer une carte, offrir un petit cadeau significatif, allumer une bougie…
  • Ne pas oublier l’enfant quand vous faites le décompte de vos petits enfants.


Même si c’est difficile, n’essayez pas de diminuer la peine de vos enfants en disant des phrases toutes faites comme: «Vous pouvez en avoir un autre» « Appréciez vos autres enfants » « Au moins vous ne l’avez pas connu » « C’est peut-être mieux comme cela ». Ces commentaires partent d’une bonne intention et voudraient consoler mais ils blessent beaucoup les parents qui sentent leur peine incomprise par ceux qui les disent.